22.12.2006

Underground City Letter... (2)

(Litanie des pensées)

Ils ont cru m'avoir, mais ils ont échoué; j'ai déjoué leur surveillance et me suis enfui. J'ai rejoint les niveaux originels, gagné le coeur interdit des abîmes, comme entraîné par le courant après la fin des épreuves, ayant brisé mes chaînes. J'ai dissous mes liens sous leurs yeux incrédules, pour rejoindre enfin les domaines inspirés où je n'ai plus qu'à écrire et à ressentir. C'est ici que tout commence, je vais me fondre dans ce magma de vie bruyante et glacée, intemporelle; aspiré, inspiré, heureux d'en faire partie. Au lieu qui figure sur l'acte de naissance de mes rêves, et que mes Maîtres ont évoqué, le vent froid me fait fête; la ville m'accueille et je cueille la ville...

Gat'.

16.12.2006

Underground City Letter... (1)

Mes bien chers tous,

 

     Je viens de passer un autre jour dans la ville souterraine ; une après-midi de plus du côté sombre de la pièce. Dans le bus qui m'emmenait vers le centre-ville, la buée sur les vitres cachait la lueur des phares ; on se serait cru dans le métro, lorsque les portes s'ouvraient pour laisser entrer (jamais sortir) des passagers humides. On n'a toujours pas résolu les problèmes d'infiltrations, alors il pleut sur la ville 24h sur 24h...

     Après 5 minutes, je suis identifié ; une voix grésille dans le haut-parleur derrière la radio. "...jeune homme en noir avec un sac beige...pourrait être monté à la station..." La fin se brouille, mais c'est trop tard ; une jeune femme me fixe, à l'autre bout du compartiment. J'affronte son regard où un peu d'angoisse se lit ; puis elle baisse les yeux prudemment. Je la surprends à pianoter sur son portable, me surveillant de biais : à présent, je ne pourrai plus me cacher...

     Le bus me largue sous les arcades de la station (...), pour s'éloigner dans le brouillard. Je traîne ma carcasse mouillée parmi les junkies du quartier, sans trop trancher ; après, forcément, ce sera bien différent...

Je vous aime,

 

Votre Gat'

03.07.2006

Tais-toi et... cesse de parler

J'ai compris. Je me tais. C'est simple, non ? Il n'y a rien d'autre à dire; je sais, c'est un pléonasme d'ailleurs. J'ignore pourquoi je ne m'en suis pas rendu compte avant... On ne me paie pas pour faire des discours, ça je le sais, au moins, maintenant. Ni pour penser, je peux m'y risquer si je veux mais que cela ne se voie pas trop. Si on me prend en défaut, je reconnaîtrai que je suis un crétin, ça n'est pas trop difficile et ça fait office d'excuse en béton. Le tout, c'est de bien penser a se taire...

30.06.2006

Paradoxe...

C'est fou comme le monde peut être bizarre. Non ? Ce matin, par exemple (pas à l'heure du réveil mais c'est tout comme alors admettons), je déménageais ma *** de chambre d'étudiant. Quand on s'installe, on aime prendre possession des lieux, poser ses marques; et là, pour moi, plus la pièce devenait vide et impersonnelle, plus j'étais heureux... Inversion pathologique ou juste retour des choses ? Allez savoir...

Gat'.

29.06.2006

Croissant

Où est-tu, petite grenouille ?
J'entends ton chant d'amour s'élever dans l'herbe
Et me voilà cerné par tes semblables
Vous criez, mais je ne vous vois pas
Pourtant je t'ai déjà trouvée
Tu t'es tue alors et j'en suis resté froid
Tant pis, si je ne vaux pas un Prince
Il y en a d'autres que moi
Qui vous mettront la cigarette aux lèvres
Oh, époumonnez-vous
Mais ne me rebattez pas les oreilles
Je pourrais bien vous écraser
De toute façon vous finirez à plat
Et l'on ne mangera jamais que vos cuisses
Tant mieux;
Ainsi vous ne sauterez plus
Je n'ai que faire de ton mépris
Ni des pustules qui recouvrent ta peau humide et froide
Tu peux toujours courir pour la réchauffer
C'est bête...
Tu devrais fermer ces yeux vides
Qu'on ne voie pas qu'ils ne cachent rien
Tu dis : "Quoi ?"
Je dis : "Viens"...

Gat'.