31.12.2006

Question cruciale...

Comment aimer une personne en particulier quand on les aime tou(te)s ?

Gat'.

28.12.2006

Mes Spectres...

Dans ma petite vie de moins en moins étriquée, il y a moi et puis il y a mes Autres, de plus en plus nombreux. Eux, ce sont mes Spectres, ceux qui un par un se créent à chaque fois que j'ai envie de mourir, et qui sont tout désarçonnés parce que, finalement, je n'ai pas osé. Ils viennent et me regardent, de leurs grands yeux sombres ; et ils me demandent : "Quand nous rejoindras-tu ?", et leurs mains sur mon épaule pèsent tout à coup des tonnes. Ce qu'il y a de drôle, c'est que plus je passe près d'eux, plus ils sont denses. Les premiers étaient complètement translucides, presque invisibles ; mais les derniers sont noirs comme des ombres, troublants, et on ne voit pas toujours à travers. C'est un peu contre nature, ces autres "moi" surnuméraires qui, moi vivant, n'auraient pas dû vivre et qui se pressent autour de moi pour m'en demander des comptes. Fasse le Destin que je tarde encore à les leur rendre... J'espère qu'un jour je trouverai la formule pour les libérer ; et pour m'en libérer par la même occasion...

Gat'.

27.12.2006

Parois du vide...

On devrait enfermer les gens seuls
Pour les protéger de leur solitude
Filmer leurs hurlements et leurs tentatives désespérées
Qu'ils puissent s'épancher et pleurer devant la caméra de surveillance
Les soignant(e)s leur donneraient un peu de tendresse...

(Soupir)

On ne pourrait les laisser sortir
Qu'accompagnés
Les yeux dans d'autres yeux et leurs bleus oubliés
Muets et heureux
Et décamisolés...

Gat'.

26.12.2006

L'embûche de Noël...

(Faire le point)

Bien sûr, cela fait quand même un peu drôle de se retrouver tout seul au soir du 25 décembre ; alors que tout autour se déchaîne le tourbillon économique des fêtes. J'ai pensé que, peut-être, j'allais disparaître entre deux campagnes de bons sentiments... Mais cette année, rejoindre le monde des chaumières feutrées et des réunions familiales, je ne pouvais pas. Je ne me sentais pas assez fort pour assumer le rôle que je dois jouer là-bas ; les petites phrases hypocrites, les confrontations, et la télé comme seul échappatoire... Navrant. Pire même ; cette fois, je n'aurais pas supporté, j'aurais craqué. Je me sentais trop instable : ou bien j'aurais pris sur moi, et ma raison en aurait pris un coup, quitte à éclater et à faire quelque chose d'irréversible et de désespéré ; ou bien j'aurais pris sur...eux, je leur aurais rejeté les fautes jusqu'à les détester. On ne peut souhaiter cela à personne...

Tandis que là, même si c'est dur, j'ai adopté un comportement que je peux complètement assumer ; ceux qui m'ont vu le 24 décembre auront vu mon vrai "moi". J'ai été franc, je n'ai pas eu besoin de fuir, ni de me contrefaire pour satisfaire passagèrement des idéaux que je ne partagerais pas. Merci à vous deux, mes amis, pour cet inestimable cadeau...

Autour de moi, la folie rôde ; je la vois musarder comme un charognard, venir puis reculer à chacun de mes sursauts... L'autre jour, elle m'a mordu, j'en ressens encore la douleur à la base du cou. Mais je ne suis pas prêt à lui céder, pas encore...

J'ai toujours un peu d'espoir, comme vous voyez...

Gat'.

25.12.2006

Underground City Letter... (3)

Mes biens chers tous,

Croyez bien que je suis désolé d'être si loin de vous en ces jours de fête ; mais mon départ était indispensable. J'avais besoin de retrouver mes sources, de renouveler mon inspiration. Et ce fut exactement ce que j'espérais...

J'ai exploré avec recueillement, aussi ému qu'à la première fois, les rues du coeur vivant de la Cité, inconnu parmi les gens, neuf parmi mes frères et soeurs. Dans le sanctuaire de la Mémoire et de la Culture, Panthéon des silences évocateurs, je me suis agenouillé ; et soulevant un coin du voile, j'ai entrevu des souvenirs antérieurs même à l'édification des cités souterraines, entendu les chuchotements d'anciens témoins qui ont vu se former sa matière même, bien avant l'ère de toute chose connue...

Pour tout cela je remercie ma guide, qui prit le temps de m'offrir, avec sa compagnie, un itinéraire idéal. Si tu me lis, sache que ma reconnaissance t'est éternellement acquise, portée par mes remerciements les plus sincères...

Je ne puis vous en dire davantage en ce jour, le temps manque ; mais je vous raconterai tout, soyez sans crainte...

Je vous aime,

Votre Gat'.