06.04.2007
Pause stratigeotectolithique...
Cinq jours de rêve
Des jours de crève
Bientôt 22 ans et sauter dans les flaques
En place de grèves, evidemment
Accoutrement (de prospecteur)
Haut les marteaux et les coeurs
Flirter avec les coquillages
Mater des cailloux sans âge
Et marcher sur les cheveux des sirènes...
Gat'.
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03.04.2007
Sortie de secours...
Errer sur la plage
Compter les naufrages
Repérer des grenats sans le faire exprès
Prospecter
Sauter par-dessus les fentes de tension
Trouver aux filons des longueurs insensées
Manger
Sauter de roc en roc, tel un springbock
Avoir les pieds enflés, enfin
Boire sans fin
Cracher sur ma fierté
Bourlinguer dans mes pensées
Juste apprécier
Et errer sur la plage...
Gat'.
00:09 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
01.04.2007
Serment des marais...
Ils marchaient dans la campagne noire, glacée. Il faisait nuit, mais on y voyait comme en plein jour. L'un vers l'autre, comme poussés par le Destin ; ils se rencontrèrent sous un arbre mort qui étendait au-dessus du chemin ses branches sans ombre.
Ils se regardèrent tous deux, l'air méfiant et les yeux curieux, firent trois fois le tour l'un de l'autre. Un pour toi, un pour moi et ainsi de suite. Ils décrivaient des huit. Puis ils s'arrêtèrent, face à face...
Son regard à Elle disait qu'il avait une drôle d'allure, presqu'inquiétante ; mais Elle ne se serait attendue à rencontrer dans ces régions-là personne d'autre que Lui. Ses yeux à Lui parlaient de la robe qu'elle portait, ces dentelles noires d'un autre temps qui mettaient en valeur sa pâleur presque maladive.
Après une longue hésitation dont Elle fit ses délices, Il approcha sa main et la toucha. Il frémit au contact humide et froid de sa peau laiteuse qui glissait sous les doigts, insaisissable. Quand il devina pourtant, au plus profond d'Elle, l'étrange feu qui couvait, plein de machiavéliques et balbutiantes promesses, ce fut Elle qui frémit et recula d'un petit pas...
Il regarda ses doigts, intrigué par cette eau visqueuse qu'Elle y avait laissé ; une exsudation sans parfum qui semblait vouloir s'infiltrer en Lui.
"C'est un poison mortel..." murmura-t-elle en baissant le nez et levant les yeux, rougissant timidement. On eût dit une enfant toute fière de sa dernière trouvaille. Il la regarda longuement, puis lécha consciencieusement chacun de ses doigts. Surprise, Elle ouvrit ses grands yeux pour voir ce qui arriverait ; et Elle nouait d'impatience ses jambes gantées de jolies bottines noires.
Il la toisa avec défi pour cacher sa souffrance, car Il se consumait de l'intérieur. Mais Elle pouvait lire dans l'intensité de ses yeux ce qu'il ne disait pas.
"Je n'aspire plus qu'à un seul antidote..." souffla-t-il, comme une demande de grâce. Elle lui sourit, et approcha son visage de femme-grenouille. Il l'embrassa, préparant en secret ses crocs de vampire...
15:50 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
25.03.2007
Emerveillé (2 fois)
La vie est belle
Si je te dis, si je te dis
Elle est même tellement jolie
Que je...
La vie est belle
Et toi aussi, et toi aussi
Tu es même tellement jolie
Que je...
(Je t'aime, je t'aime, je t'aime)
(Je t'aime, je t'aime, je t'aime)
La vie est belle
Si je te dis, si je te dis
(La vie est belle)
Elle est même tellement jolie
Que je voudrais mourir pour elle...
(Tu comprends ?)
Gat'.
15:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.03.2007
Underground City Letter (Hors Serie)
Si vous lisez...
J'ai vu le Fond ; la fin de toute Vie, le sédiment organique et glacé de l'Oubli. La "vase interne de la Terre". J'y ai posé le pied, et elle m'a aspiré ; je l'ai touchée, et mes doigts s'y sont trouvés englués. Elle m'a pris à la cheville comme pour me dire "...je t'ai déjà trop attendu, viens à moi..."
Et j'ai bien cru que j'allais y céder.
Et puis l'angoisse m'a saisi, elle est venue, perverse, pour me faire perdre les pédales. J'avais du Néant jusque par-dessus les bottes. Son odeur affreuse m'imprégnait déjà, ses mots me traversaient tout entier. Si j'avais été seul, j'aurais sombré, étouffé par les mains gluantes du désespoir...
Heureusement, j'ai pu trouver un peu d'aide. Un rien d'appui. Ensuite, j'ai retiré mes gants et j'y suis allé sans plus hésiter : j'ai pris la vase froide et collante à pleines mains. J'ai dégagé mes pieds, un par un, avec patience et acharnement. Fouillé la boue pour en extraire ce qu'elle avait réussi à digérer de moi. Qu'est-ce qu'elle croit ; je ne suis pas si facile à prendre. Si elle me veut, il faudra qu'elle revienne plus tard : quand je ne m'y attendrai pas.
Ce soir, je vais devoir nettoyer mes bottes. Qu'il ne reste plus une trace de toute cette saloperie. Je les briquerai à la vodka, s'il faut, mais je vous garantis que ça va partir. Comme le souvenir d'un flirt qui aurait tourné au carnage. Trop glauque et pas vraiment bon.
Et, au fond de moi, une petite couche de sédiments supplémentaire. De la poussière...
Je vous aime,
Votre Gat'.
16:03 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

