05.05.2007

Pauvre Lumiere Du Matin...

J'étais là ce matin, frileux sous la couverture ; tiraillé par une douleur tellement ordinaire, je regardais l'écran lumineux du portable. Et je le faisais tourner devant mes yeux, si près que je voyais deux écrans bleutés faire la ôla. Deux écrans qui me laissaient dans l'obscurité une drôle d'impression rétinienne multicolore, deux rectangles rouges et bleus que je balladais partout sur les murs... Je n'allume pas la lumière. L'OVNI du plafonnier (directement tiré d'un bouquin de Ian M. Banks) serait trop content de m'éblouir avec ses 10 petits points-puits de gravité. Je dors dans un dock, pas de groupie sous le lit. Juste les persiennes qui envahissent mon regard...

Gat'.

16.04.2007

Mon Ange, Nouons La Tige Des Paquerettes

Il ne voulait pas se dissoudre, il ne voulait pas s'effacer. Juste mettre tout de côté un moment pour que l'effet s'estompe. Mais il sait bien que ça ne sert à rien. Ça ne sert à rien d'avoir l'esprit vide, l'espace d'une soirée. Ou deux. Parce que forcément, après, tout reviendra. Ou pire, ça ne reviendra pas tout de suite. Il oubliera, et puis ça recommencera. Il le sait, il s'est déjà vu à l'oeuvre. Ses effacements ne sont que des simulacres ; ce qu'il voudrait, c'est pouvoir s'oublier un peu. Il ne voulait pas décrocher, parce qu'il sait que le retour est difficile. Mais que faire d'autre quand on n'a même pas la solution de s'occuper des problèmes d'un(e) autre ? Parce qu'il n'y en a pas. Rêver n'est pas une alternative. Son esprit vacille entre deux idées : aurait-il peur d'affronter sa propre réalité ? Ou bien devrait-il s'en construire une toute neuve, autour d'un but, de quelqu'un ? Les yeux brûlés par le soleil, il dévisage les pâquerettes, mais elles ne sauront pas lui répondre...

15.04.2007

Underground City Letter (7)

Il fallait que je sorte. Il fallait.

Alors je suis sorti de ma cabine éclairée et personnelle, j'ai pris la navette pour le coeur de la Ville Souterraine. Je n'avais qu'une idée : me perdre dans les ruelles sombres, me disséminer sur les pavés encore mouillés par le ruissellement des fleuves supérieurs. Me mélanger à cette eau qui comme moi a choisi de se rapprocher des profondeurs. J'ai pris l'élixir de passage, mangé quelque chose de chaud pour survivre un peu plus longtemps. Ne pas gober d'ecsta en me dissolvant dans les murs de HardTech qui ondulent. Écouter les prodiges et respecter les anciennes sépultures oubliées sous nos pieds... Car aussi profond qu'on descende, on a toujours dessous des échecs passés dont on ignore tout.

Puis je suis remonté lentement, les doigts sur les marches, entraînant avec moi les fumées parfumées d'hallucinations et les souvenirs interdits. Des glyphes inconnus imprimés dans mes yeux tout neufs. Pas fier pour un sou, ç'eut été trop absurde ; mais heureux de renaître après m'être immergé dans les limbes. Effacé dans le vide post-technologique pour retrouver mes structures. Histoire d'un flirt avec le vide restructurateur pour ne pas risquer d'y tomber sans m'en rendre compte...

Et mon mouchard m'a remis la main dessus. La petite lumière traîtresse s'est rallumée, mais je n'en ai cure. Je suis là.

Salut tout neuf pour vos beaux yeux...

Gat'.

08.04.2007

Who do you think you are ?

J'en ai assez, marre de chercher au fond de moi et de ne pas trouver les clefs (existent-elles seulement ?).

J'ai décidé de prendre un peu de tout ce qui m'entoure, ce que je sens résonner en moi ; un peu d'amis, d'espoir et de Terre, et d'en bâtir un moule qui me plaise, dont les coutures me paraissent harmonieuses, les défauts touchants, les cicatrices recouvrant exactement mes petites blessures. Et puis, quand j'aurai fini ce nouveau "moi" intérieur plus vrai que nature, je me glisserai dedans. Ça fera un grand "SWASH !!!" ; et quand on me (re)posera la question, je répondrai : "ça".

Voilà.

07.04.2007

Troubles de l'evidence...

J'ouvre les yeux, je me réveille ; il fait noir. Pas même les chiffres lumineux du réveil digital que j'ai éteint depuis longtemps, emporté au loin dans les oubliettes de mes décisions. Je n'ai conservé qu'un seul lien, dont je ne vois pas l'autre bout...

Autour de moi, un espace indéfini que je décode à coups de (mes) sens interdits par personne. Radar d'intuitions hyper(trop)sensible. Ma peau est en ébullition, mes nerfs en exploration alentours...

Je détecte une ambiance lourde, compliquée. Les parfums lourds et mêlés de l'armoire aux épices de mon enfance. Et quelque chose de plus ; c'est à dire quelque chose en moins...

Je ne sens pas tes mains sur moi. Je ne sens pas ta tête sur ma poitrine, tes cheveux épars, ton haleine chaude contre mon coeur... Si tu étais une mouche, je te sentirais vivre et bouger sur ma peau de ton insouciante petite vie. J'en aurais des frissons, comme quand...tu te souviens ? Non. Moi non plus, finalement. Je crois que je vais te pleurer en silence, dans cette ambiance de bois humide qui respire le moisi plus qu'autre chose. Et je n'oserai pas ouvrir les boîtes à épices. Peur qu'elles me bouffent les doigts sans toi. Quel intérêt, je te le demande ? Je finirai confit dans le Safran et l'ennui, dans la Coriandre et l'attente, le vide et le Paprika...

Ma momie de Curcuma, dans son lit de Curry, on l'exposera dans un Musée des Erreurs, avec du Piment entre les dents et des clous de Girofle plantés dans les doigts. Mes doigts touts secs, refermés sur...rien. Et je ne (res)sentirai plus rien.

Gat'.