16.04.2007

Mon Ange, Nouons La Tige Des Paquerettes

Il ne voulait pas se dissoudre, il ne voulait pas s'effacer. Juste mettre tout de côté un moment pour que l'effet s'estompe. Mais il sait bien que ça ne sert à rien. Ça ne sert à rien d'avoir l'esprit vide, l'espace d'une soirée. Ou deux. Parce que forcément, après, tout reviendra. Ou pire, ça ne reviendra pas tout de suite. Il oubliera, et puis ça recommencera. Il le sait, il s'est déjà vu à l'oeuvre. Ses effacements ne sont que des simulacres ; ce qu'il voudrait, c'est pouvoir s'oublier un peu. Il ne voulait pas décrocher, parce qu'il sait que le retour est difficile. Mais que faire d'autre quand on n'a même pas la solution de s'occuper des problèmes d'un(e) autre ? Parce qu'il n'y en a pas. Rêver n'est pas une alternative. Son esprit vacille entre deux idées : aurait-il peur d'affronter sa propre réalité ? Ou bien devrait-il s'en construire une toute neuve, autour d'un but, de quelqu'un ? Les yeux brûlés par le soleil, il dévisage les pâquerettes, mais elles ne sauront pas lui répondre...

15.04.2007

Underground City Letter (7)

Il fallait que je sorte. Il fallait.

Alors je suis sorti de ma cabine éclairée et personnelle, j'ai pris la navette pour le coeur de la Ville Souterraine. Je n'avais qu'une idée : me perdre dans les ruelles sombres, me disséminer sur les pavés encore mouillés par le ruissellement des fleuves supérieurs. Me mélanger à cette eau qui comme moi a choisi de se rapprocher des profondeurs. J'ai pris l'élixir de passage, mangé quelque chose de chaud pour survivre un peu plus longtemps. Ne pas gober d'ecsta en me dissolvant dans les murs de HardTech qui ondulent. Écouter les prodiges et respecter les anciennes sépultures oubliées sous nos pieds... Car aussi profond qu'on descende, on a toujours dessous des échecs passés dont on ignore tout.

Puis je suis remonté lentement, les doigts sur les marches, entraînant avec moi les fumées parfumées d'hallucinations et les souvenirs interdits. Des glyphes inconnus imprimés dans mes yeux tout neufs. Pas fier pour un sou, ç'eut été trop absurde ; mais heureux de renaître après m'être immergé dans les limbes. Effacé dans le vide post-technologique pour retrouver mes structures. Histoire d'un flirt avec le vide restructurateur pour ne pas risquer d'y tomber sans m'en rendre compte...

Et mon mouchard m'a remis la main dessus. La petite lumière traîtresse s'est rallumée, mais je n'en ai cure. Je suis là.

Salut tout neuf pour vos beaux yeux...

Gat'.

08.04.2007

Who do you think you are ?

J'en ai assez, marre de chercher au fond de moi et de ne pas trouver les clefs (existent-elles seulement ?).

J'ai décidé de prendre un peu de tout ce qui m'entoure, ce que je sens résonner en moi ; un peu d'amis, d'espoir et de Terre, et d'en bâtir un moule qui me plaise, dont les coutures me paraissent harmonieuses, les défauts touchants, les cicatrices recouvrant exactement mes petites blessures. Et puis, quand j'aurai fini ce nouveau "moi" intérieur plus vrai que nature, je me glisserai dedans. Ça fera un grand "SWASH !!!" ; et quand on me (re)posera la question, je répondrai : "ça".

Voilà.

07.04.2007

Troubles de l'evidence...

J'ouvre les yeux, je me réveille ; il fait noir. Pas même les chiffres lumineux du réveil digital que j'ai éteint depuis longtemps, emporté au loin dans les oubliettes de mes décisions. Je n'ai conservé qu'un seul lien, dont je ne vois pas l'autre bout...

Autour de moi, un espace indéfini que je décode à coups de (mes) sens interdits par personne. Radar d'intuitions hyper(trop)sensible. Ma peau est en ébullition, mes nerfs en exploration alentours...

Je détecte une ambiance lourde, compliquée. Les parfums lourds et mêlés de l'armoire aux épices de mon enfance. Et quelque chose de plus ; c'est à dire quelque chose en moins...

Je ne sens pas tes mains sur moi. Je ne sens pas ta tête sur ma poitrine, tes cheveux épars, ton haleine chaude contre mon coeur... Si tu étais une mouche, je te sentirais vivre et bouger sur ma peau de ton insouciante petite vie. J'en aurais des frissons, comme quand...tu te souviens ? Non. Moi non plus, finalement. Je crois que je vais te pleurer en silence, dans cette ambiance de bois humide qui respire le moisi plus qu'autre chose. Et je n'oserai pas ouvrir les boîtes à épices. Peur qu'elles me bouffent les doigts sans toi. Quel intérêt, je te le demande ? Je finirai confit dans le Safran et l'ennui, dans la Coriandre et l'attente, le vide et le Paprika...

Ma momie de Curcuma, dans son lit de Curry, on l'exposera dans un Musée des Erreurs, avec du Piment entre les dents et des clous de Girofle plantés dans les doigts. Mes doigts touts secs, refermés sur...rien. Et je ne (res)sentirai plus rien.

Gat'.

06.04.2007

Pause stratigeotectolithique...

Cinq jours de rêve
Des jours de crève
Bientôt 22 ans et sauter dans les flaques
En place de grèves, evidemment
Accoutrement (de prospecteur)
Haut les marteaux et les coeurs
Flirter avec les coquillages
Mater des cailloux sans âge
Et marcher sur les cheveux des sirènes...

Gat'.

03.04.2007

Sortie de secours...

Errer sur la plage
Compter les naufrages
Repérer des grenats sans le faire exprès
Prospecter
Sauter par-dessus les fentes de tension
Trouver aux filons des longueurs insensées
Manger
Sauter de roc en roc, tel un springbock
Avoir les pieds enflés, enfin
Boire sans fin
Cracher sur ma fierté
Bourlinguer dans mes pensées
Juste apprécier
Et errer sur la plage...

Gat'.

01.04.2007

Serment des marais...

Ils marchaient dans la campagne noire, glacée. Il faisait nuit, mais on y voyait comme en plein jour. L'un vers l'autre, comme poussés par le Destin ; ils se rencontrèrent sous un arbre mort qui étendait au-dessus du chemin ses branches sans ombre.
Ils se regardèrent tous deux, l'air méfiant et les yeux curieux, firent trois fois le tour l'un de l'autre. Un pour toi, un pour moi et ainsi de suite. Ils décrivaient des huit. Puis ils s'arrêtèrent, face à face...
Son regard à Elle disait qu'il avait une drôle d'allure, presqu'inquiétante ; mais Elle ne se serait attendue à rencontrer dans ces régions-là personne d'autre que Lui. Ses yeux à Lui parlaient de la robe qu'elle portait, ces dentelles noires d'un autre temps qui mettaient en valeur sa pâleur presque maladive.
Après une longue hésitation dont Elle fit ses délices, Il approcha sa main et la toucha. Il frémit au contact humide et froid de sa peau laiteuse qui glissait sous les doigts, insaisissable. Quand il devina pourtant, au plus profond d'Elle, l'étrange feu qui couvait, plein de machiavéliques et balbutiantes promesses, ce fut Elle qui frémit et recula d'un petit pas...
Il regarda ses doigts, intrigué par cette eau visqueuse qu'Elle y avait laissé ; une exsudation sans parfum qui semblait vouloir s'infiltrer en Lui.
"C'est un poison mortel..." murmura-t-elle en baissant le nez et levant les yeux, rougissant timidement. On eût dit une enfant toute fière de sa dernière trouvaille. Il la regarda longuement, puis lécha consciencieusement chacun de ses doigts. Surprise, Elle ouvrit ses grands yeux pour voir ce qui arriverait ; et Elle nouait d'impatience ses jambes gantées de jolies bottines noires.
Il la toisa avec défi pour cacher sa souffrance, car Il se consumait de l'intérieur. Mais Elle pouvait lire dans l'intensité de ses yeux ce qu'il ne disait pas.
"Je n'aspire plus qu'à un seul antidote..." souffla-t-il, comme une demande de grâce. Elle lui sourit, et approcha son visage de femme-grenouille. Il l'embrassa, préparant en secret ses crocs de vampire...

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