25.03.2007

Emerveillé (2 fois)

La vie est belle
Si je te dis, si je te dis
Elle est même tellement jolie
Que je...

La vie est belle
Et toi aussi, et toi aussi
Tu es même tellement jolie
Que je...

(Je t'aime, je t'aime, je t'aime)
(Je t'aime, je t'aime, je t'aime)

La vie est belle
Si je te dis, si je te dis
(La vie est belle)
Elle est même tellement jolie
Que je voudrais mourir pour elle...

(Tu comprends ?)

Gat'.

21.03.2007

Underground City Letter (Hors Serie)

Si vous lisez...

J'ai vu le Fond ; la fin de toute Vie, le sédiment organique et glacé de l'Oubli. La "vase interne de la Terre". J'y ai posé le pied, et elle m'a aspiré ; je l'ai touchée, et mes doigts s'y sont trouvés englués. Elle m'a pris à la cheville comme pour me dire "...je t'ai déjà trop attendu, viens à moi..."
Et j'ai bien cru que j'allais y céder.

Et puis l'angoisse m'a saisi, elle est venue, perverse, pour me faire perdre les pédales. J'avais du Néant jusque par-dessus les bottes. Son odeur affreuse m'imprégnait déjà, ses mots me traversaient tout entier. Si j'avais été seul, j'aurais sombré, étouffé par les mains gluantes du désespoir...

Heureusement, j'ai pu trouver un peu d'aide. Un rien d'appui. Ensuite, j'ai retiré mes gants et j'y suis allé sans plus hésiter : j'ai pris la vase froide et collante à pleines mains. J'ai dégagé mes pieds, un par un, avec patience et acharnement. Fouillé la boue pour en extraire ce qu'elle avait réussi à digérer de moi. Qu'est-ce qu'elle croit ; je ne suis pas si facile à prendre. Si elle me veut, il faudra qu'elle revienne plus tard : quand je ne m'y attendrai pas.

Ce soir, je vais devoir nettoyer mes bottes. Qu'il ne reste plus une trace de toute cette saloperie. Je les briquerai à la vodka, s'il faut, mais je vous garantis que ça va partir. Comme le souvenir d'un flirt qui aurait tourné au carnage. Trop glauque et pas vraiment bon.

Et, au fond de moi, une petite couche de sédiments supplémentaire. De la poussière...

Je vous aime,

Votre Gat'.

20.03.2007

Tranche de vie...

Aujourd'hui, petite matinée de dessin pour se remettre les idées en place tout en travaillant. Puis exploration-description de la baie, de la plage (galets et sable fin) aux bouchots, de train de rides en train de rides...

Gat'.

19.03.2007

Le Nid...

Elle a choisi soigneusement sa place
J'y suis arrivé par hasard
Et ça m'a plu
L'endroit était favorable
Elle l'a observé en penchant la tête
C'était bien, ça collait
Sur cette voie, tout me plaisait
Pour un moment, j'ai mis mes ailes au placard
Elle s'en servait pour sauter d'une branche à l'autre
En gracieux petits bonds planés
J'ai tissé des liens laborieusement
Elle enchevêtrait le tout patiemment
Pour y arriver, j'ai changé
Elle a toujours persévéré
Malgré le vent, le temps qui vire à la tempête
Il fallait tenir bon
Penser aux enfants à venir
Elle arrange les dernières brindilles
Et j'écarte ce qui reste d'épines
Maintenant, je suis prêt
Le tonnerre peut bien venir
La pie aussi est à l'abri
Bien au chaud dans notre petit nid...

Gat'.

17.03.2007

Underground City Letter (6)

Bonjour vous,

J'espère que vous allez bien... Je vais bientôt quitter les Cités Sombres, je sens que la tension monte. Foule dans les rues noires, fêtes dans les bars. Mais je n'y suis pas, je suis bien trop pressé...

Le bus me secoue sans ménagement, sous les yeux de cette vieille femme à la classe indéniable. Sa grandeur et sa fragilité m'écrasent, ses yeux sans chaleur et sans couleur sont les abîmes du Néant obscur. Elle a dû régner, aristocrate austère, sur la ville en d'autres temps. Mais j'évite son regard, mes prunelles dansent une sarabande mystique avec les lumières de la rue. Les lampadaires sont des guirlandes, tout me fait fête : je pars. Une expédition qui m'emporte aux îles fraîches, l'air marin nous fera du bien...

La Ville Profonde peut bien m'attendre, je lui reviendrai avec un autre regard...

Bien à vous,

Votre Gat'...

04.03.2007

Underground City Letter (5)

(Back from Nowhere)

J'ai essayé de revenir ; de remettre les pieds dans la ville de la Surface, celle des touts Premiers Jours. Elle m'appelait de ses bras blancs, comme une ancienne intime, comme des parents craignant qu'on les oublie. Alors après quatre mois, et pour trois petits jours, j'ai cédé. Mal m'en a pris, sans doute.

Je n'y ai retrouvé que mépris et désolation ; de vieilles pierres couvertes de mousse et du bois pourri, environnés d'une odeur de Mort. Et cette rivière en crue, qui semblait prête à tout noyer dans un oubli boueux...

Au début, c'est à dire pendant vingt minutes, j'ai cru que j'aurais droit à l'indifférence. Et puis j'ai croisé de nouveau ce regard méprisant, chargé de dégoût à en vomir, me rappelant que mon allure est à gerber pour toute personne de "là-bas". Parce que j'assume ma dégaine de mendiant échevelé ; et parce que j'ai effacé pour longtemps de mon visage cet air bouffi d'orgueil qu'ils m'avaient inculqué à force d'exemples. Un sourire y fait de vous un benêt, un Intouchable. Je m'en moque, et c'est ce qui me perd à leur société glacée, cadavérique. Dans leur putréfaction morale et physique, ils n'auront même pas la grandeur de devenir des Spectres...

Bien à vous,

Votre Gat'.

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